D'ici à dix ans, j'estime que le groupe Orllati possédera 15% à 20% des terres vaudoises.
Vous voulez pas collectiviser les terres ? Ne vous inquiétez pas, les capitalistes se chargeront de les privatiser.
Alors, ne nous méprenons pas ein, les gros agriculteurices (et je parle des possédant·e·s, pas des ouvrier·e·s agricoles qui en chient toute la journée à se péter le dos en plein cagnard pour un salaire de misère) ne sont pas des victimes de ce système, iels collaborent volontiers avec les capitalistes, voir même c’est des capitalistes. Ce qui compte c’est le profit, pas de produire des carottes.
Dans le district de Nyon, à la frontière avec le canton de Genève, 17 hectares environ de surface agricole situés le long de l’autoroute sont propriété d’une société appelée Porla, dont les buts sont liés à l'agriculture. La SA est présidée par Miguel Sanchez, qui figure également au conseil d’administration du groupe Orllati. Cet acteur-clé de l’entreprise de Bioley-Orjulaz, qui était auparavant directeur chez Holcim, partage la gestion de Porla SA avec trois paysans.
Au cours de notre enquête, nous avons identifié au moins trois sociétés qui fonctionnent sur le même principe. Leur point commun: en dehors des «émissaires d'Orllati» comme Emmanuel Crausaz ou Miguel Sanchez, les agriculteurs qui coadministrent les sociétés n’ont pas l’air au courant de ce qui s’y passe. Selon nos informations, l’un d’entre eux était même convoqué chez le notaire juste avant la signature pour l’achat de terrains, sans vraiment savoir de quoi il retournait.
À un moment, si t’es pas au courant de ce que tu signes, soit t’es totalement stupide (ça m’étonne fort), soit t’as des intérêts matériels à ne pas te renseigner.
Et évidemment, tout ça est fait avec la complicité de nos élu·e·s.
Jusqu’en 2024, CRAFO SA était présidée par une autre personne: Alexandre Fontannaz, qui n’est autre que le vice-syndic de Bettens, commune voisine de Bioley-Orjulaz, et chez qui la société est encore domiciliée.