Mais Bookchin le sait, le progrès technique n’est pas pour autant libérateur par essence : « Sans une conscience libertaire qui articule la logique de ce nouveau cadre technique, on pourrait bien assister à l’intégration de cette technologie du peuple par une société gestionnaire et technocratique. »
Bookchin ne tombe également pas dans une tendance anti-humaniste (ou malthusianiste) : "ce n’est pas en supprimant la moitié des habitants de la Terre qu’on la sauvera, d’autant qu’une minorité suffit en pratique à gaspiller l’essentiel de ses ressources."
Et il reste évidemment anti-État, anti-autoritaire, profondément démocrate :
Cette démocratie est libertaire. C’est dire qu’elle ne peut être représentative : le pouvoir ne se délègue pas, sauf dans un périmètre très précis, sous condition de révocabilité, avec un mandat impératif. […] Ces délégués doivent rendre des comptes et ne le restent que pour une durée limitée. Ils ne deviennent pas des politiciens de carrière, ni les représentants d’une indéfinissable volonté populaire en fait confisquée par ceux qui l’escamotent. Les délégués ne sont pas députés, ils se font porte-paroles provisoires d’une assemblée qui les précède et qui leur survivra.